Musique · avril 1, 2026

Mew(sic) épisode 1 : l’art du sampling et covering #1

Bienvenue dans ce 1er épisode de Mew(sic), votre série hebdomadaire consacrée à la musique de jeux vidéo et aujourd’hui, nous allons parler sampling. Ce terme, que l’on peut qualifier d’échantillonage en français, est défini de la sorte selon le Larousse :

« Technique de composition consistant à mettre bout à bout des extraits d’enregistrements préexistants. »

Il est à noter que cette manière d’expliquer ne prend pas en en compte le covering / réinterprétation, quelque chose qui était essentiel à l’époque du 8 , 16 bits et Midi. Pourquoi je vous parle de cela me direz-vous ? La raison est simple : c’est une pratique qui est bien plus courante que vous ne le pensez et ce même dans les années 80 / 90. Pour illustrer mon propos, je vais vous présenter 5 musiques célèbres de jeux vidéo qui ont samplé la musique plus traditionnelle. Pour ce qui est de la vérification de mes sources, vous pouvez les trouver, entre autres, sur le site WhoSampled.

1. Le thème Underworld / sous sol dans Super Mario Bros

Koji Kondo, dans une interview datant de 2001, parlait de ses influences musicales et évoque le Jazz comme source d’inspiration, notamment le Jazz Fusion (voir Rock). Par conséquent, il ne faut pas s’étonner qu’en tombant sur le morceau et sur le passage à partir de 14sec, cela l’a inspiré à faire une petite bouche de 11sec qui reste l’un des thèmes les plus iconiques de l’histoire du jeu vidéo. Bien qu’il ne l’a jamais affirmé publiquement, l’inspiration venant de ce super groupe obscur ne serait guère étonnant ; d’ailleurs, le pressing japonais d’époque existe, donnant du crédit à la théorie.

2. Go Straight de Streets of Rage 2

Yuzo Koshiro et le dancefloor, ça a toujours été une histoire d’amour. Le très célèbre et prolifique compositeur japonais a toujours eu un attrait, entre autres, pour les genres dance et techno ; il faut aussi de la bonne Trance dans la série des Wangan Midnight Maximum Tune. Cette influence musicale transparait dans la série des Streets of Rage et ici, dans le thème de la 1ère partie du 1er niveau du jeu, c’est indéniable.

Une petite anecdote en passant : il est aussi co-créateur avec sa maman du studio Ancient (à qui l’on doit Earthion récemment),

3. Rock’n’Roll Racing et Tim Follin

Tim Follin est l’un de ces compositeurs qui fût rendu célèbre non pas pour les jeux auxquels il a pu collaborer, mais les musiques dans ceux-ci. Avec son frère Geoff (RIP) par la suite, il met en avant ses talents dans la programmation musicale pour tirer le maximum des machines où il composait. Tim était aussi fort pour créer des pièces originales, mais aussi faire des covers / réiterprétations de grandes qualités. L’un des meilleurs exemples est la cover de Paranoid dans Rock’n’Roll Racing jeu de course de Silicon & Synapse alias Blizzard Entertainment : par rapport à la version Megadrive, y’a pas photo…

En tout cas, on en reparlera de l’anglais, ne vous inquiétez pas… 🙂

4. Robert « Bobby » Prince et le Rock dans Doom

L’influence qu’à Doom dans l’histoire du jeu vidéo est aussi imposante que la discographie de Buckethead : tellement immense qu’il l’est l’un, voir le jeu ayant eu la plus grosse influence de l’histoire. C’est le FPS intense, divinement cool, qui se joue sur n’importe quoi et qui est porté par une bande-son qui sait mettre le rythme. Pour la peine, le compositeur Bobby Prince, qui a passé la majorité de sa carrière chez Apogee / 3D Realms, a largement composé la majorité du jeu, mais il a aussi un peu (beaucoup) copié / adapté ce que John Romero lui avait donné comme CDs pour la conception de l’OST.

Cependant, ces influences rock / metal, confirmées dans un fichier présent dans un des très nombreux portages du jeu, sont parfaites : AC/DC, Alice in Chains, Metallica, Slayer et Pantera, comme sur notre exemple. Il n’y a pas à dire : si tu aimes le bon son, ça a de la gueule !

5. Très courte introduction à l’influence des CDs de samples

C’est un sujet qui sera largement appuyé si l’envie le permet, mais sachez qu’avec l’ère du CD et des chansons aux formats « traditionnels », l’utilisation de CDs des samplings est très courant dans la composition de jeux vidéo. Une galette de ce genre, couplé avec un synthétiseur compatible, permet de manipuler des centaines, voir milliers de samples directement avec vos touches. Ils peuvent être de tous styles, toutes formes et peuvent être une source formidable pour créer des morceaux de qualité avec quelques ajouts.

Pour donner un exemple ci-dessus dans le monde du jeu vidéo, on prend une des musiques qu’Akira Yamaoka a composé pour Silent Hill 2 (l’original) et qui a été réalisé avec plus ou moins 2 boucles venant de CDs de samples. C’est un sujet passionnant à creuser en tout cas !